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PEINTURES SUR TOILE

Écrit sur les Effeuilllages

Les Effeuillages, comme leur nom l’indique, s’inspirent librement et prosaïquement des feuilles d’arbres. En refusant toute représentation littérale, l’idée consiste à retrouver l’effervescence du feuillage, la puissance arborée par les moyens de la peinture. Il s’agit de dépasser la représentation, de la transcender pour donner à voir, à suggérer, l’énergie et la puissance de la nature qui ramène l’être humain à un simple morceau de nature, à une humilité qu’il conviendrait de se rappeler. 

En cherchant à peindre, non pas la chose même, la feuille, mais ce qui est autour, pour la laisser plus ou moins apparaître, comme un corps qui se dévoile, cela permet de s’inscrire dans le renouvellement d’une peinture-dessin ou d’un dessin-peinture, les deux étant inextricablement mêlés. Le riche travail coloriste associé au dessin à la réserve très libre est l’essence de la recherche. Les transparences, l’usage de l’huile, de l’acrylique, de l’encre de Chine sont les moyens pour y parvenir. 

Quand tout semble avoir déjà été peint, quand la peinture-même appartiendrait à des siècles révolus, l’acte de peindre est un acte de résistance plus qu’une nouvelle renaissance. Les influences sont nombreuses à commencer par l’art oriental ancien, chinois et japonais, qui occupe une place prépondérante, tant dans la forme que dans l’esprit et ce de manière presque involontaire. Il reste que les références occidentales sont à trouver du côté des artistes qui ont cherché de nouvelles orientations picturales sans y parvenir vraiment à l’inverse de ceux que l’on qualifie de « Génies » de l’art.  L’art dit « gothique » ou pré-renaissant ou celui des Maniéristes italiens est convoqué. Leur supposée maladresse, leur inventivité et l’aspect décoratif – longtemps décrié – de leurs peintures est discrètement revisité. Simone Martini, Fra Angelico comme Le Parmesan ou Jacomo Pontormo font partie des fondations. Il en est d’autres plus proches historiquement qu’il conviendrait de nommer sans être pour autant exhaustif. L’enseignement d’Henri Matisse – comment l’éviter ? – y est présent, avec l’affirmation de la planéité du tableau, la revendication du décoratif comme le découpage dans la couleur. La richesse des « étoilements » et la posture radicale de Simon Hantaï, les chatoiements colorés de François Rouan ou la rigueur géométrique d’Ellworth Kelly peuvent être discrètement visibles.