L’obsession de la ligne, la discrétion de la lumière

Il nourrit depuis quelques années le projet un peu fou de tracer une ligne de 300 mètres en pleine nature, dans une petite vallée de Normandie.Une ligne matérialisée par une lumière bleue, perceptible de nuit et de jour qui, une année durant, traverserait les saisons.

La ligne, toujours la ligne. Une obsession qui, inlassablement, hante son travail depuis quinze ans. Sur la toile ou le papier de soie, à l’acrylique ou à l’encre de Chine, à l’huile ou à la peinture à la cire, à l’eau-forte ou à la feuille d’or, Jean-Jacques Pigeon peint, grave, multiplie à l’envi ses interminables tiges verticales, ses longues fleurs fragiles.

Sont-elles nées de son imagination ou bien aperçues, furtivement, poussant le long du mur de son atelier ? Simples végétaux ou formes humaines ?

Difficile à dire mais qu’importe ?

« À chacun sa libre interprétation, encourage l’artiste, le regard savant du public ne m’intéresse pas, ce que j’attends, c’est un regard sensible. D’ailleurs, je n’aime pas la peinture trop bruyante, celle qui dit tout au premier regard. » (…)

Personnage étrange que ce peintre. Discret, presque secret, chaleureux sans être pressant.

Bardé de diplômes, il se préfère volontiers autodidacte. Sans calcul ou arrière-pensée, non. Plutôt une manière de ne pas se mettre en avant. Pour rester « entièrement  disponible », à l’écoute des autres et du monde qui l’entoure.

« J’aime que les choses viennent à moi comme une coïncidence. » (…)

François Lemoulant, 2001

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